D'une amie montagnarde de Pierre

Cher famille de Pierre et Charles…

Merci pour ce que Pierre a été, merci pour celui qu’il est devenu.
Merci pour cette veillée de Prières vendredi.
Merci pour cette Messe Samedi. 
Merci pour cette Espérance, pour cette Foi, pour cette énergie divine, pour la Famille que vous représenté, pour les Valeurs fortes que vous véhiculez. 
Merci d’avoir rendu hommage à leur Passion pour la montagne, étroitement liée avec leur Passion pour le Christ.
Merci d’avoir chanté la beauté de la création qu’ils allaient y chercher. 
Sincèrement merci. Partageant cette passion, j’ai pu retrouver l’élan de retourner en montagne pour continuer à chanter Dieu.

Merci.


Pierre,

Je t’ai rencontré à plusieurs reprises à des soirées du Chemin neuf l’année passée à Grenoble. 
Je me souviendrais toujours de tes propos lors de la première soirée de Prières. 
Tu étais si heureux d’arriver à Grenoble pour te rapprocher des montagnes ! 
Avec Tristan et toi, en quelques minutes nous parlions déjà d’escalade, de couloirs, de pics, d’arrêtes… qu’importait les études que l’on faisait; qu’importait le statut social. Ce qui comptait c’était notre passion d’ascensions, notre passion pour ces grands espaces, ce lieu de liberté, ce chant de Sublime qui nous attirait inlassablement. Pour tout te dire je ne me souviens même plus ce que tu faisais comme étude ! 
Tes yeux pétillaient tellement lorsqu’il s’agissait de Montagnes. C’est ce dont je me souviens surtout ! Je me suis sentie si vite liée.
D’un lien fort et profond. 
Celui de la Foi, de la passion pour la Montagne comme éloge du Beau, de la jeunesse. En montagne, nous vivons des choses tellement fortes, puissantes, que l’on se sent rapidement sur la même longueur d’esprit avec un homologue de passion !

Pierre, les fois où je suis revenue au foyer, nous étions toujours à partager sur nos aventures respectives. 
J’étais si heureuse de rencontrer enfin des jeunes Chrétiens et montagnards. 
La chose peut paraitre absurde, mais mon entourage n’est malheureusement pas ancré dans cette Foi.
Combien de fois au sommet ai-je eu envie de chanter Dieu haut et fort, sans savoir avec qui la partager ? Mais je n’osais pas. Combien de fois ai-je fredonné, dans une belle descente à ski, des hymnes à la Création ? Très nombreuses.


Nous avons pu partager une ascension à l’aiguille du Tour fin aout avec Tristan, Solène et une amie à moi, Juliette. 
J’étais tellement excitée ! Tellement heureuse !! Je savais qu’on allait en montagne pour les mêmes raisons : rendre grâce à Dieu ! 
On s’était retrouvé à 4h du matin au-dessus du refuge Albert 1er. 
Vous vous étiez fait dévorer tous vos vivres par un Renard pendant la nuit. On avait bien rit. C’était une ascension simple, sereine, facile… comme on les aime. 
Tu guidais ta cordée composée de Tristan et Solène.  Tu t’en occupais avec dévouement et attention. Ton pas étais sûr, léger. Ton pas
était grâce vers Dieu. De retour au campement on avait longuement profité au soleil. C’était si bon et si beau ! Je savais qu’avec vous je pouvais enfin donner un nom à cet architecte de tant de beautés : Dieu. 
Mais j’avais la naïveté, l’erreur de croire qu’il ne pouvait rien nous arriver. Nous marchions pour Dieu… que pouvait-il nous arriver ? Nous étions en sécurité…


Pierre. Juliette m’avait proposé juste avant les vacances de Noël de faire la traversée des Dômes de Miages à la même période que vous.
Ca faisait longtemps que je n’avais pas mis les crampons et je ne me sentais pas assez en forme. 
J’ignorais que vous y alliez. La vie ne tient pas à grand-chose. 
Nous aurions pu être à vos côtés. Pierre, je me sens encore plus lié à toi.


Pierre, ma douleur est profonde. J’étais loin d’imaginer que ce serait la dernière ascension à tes cotés. 
Tu comptais beaucoup pour moi et tu le continueras. J’étais captivée par cette Foi profonde qui t’habitais. 
J’aurai tant aimé partagé plus avec toi sur ta conception de la vie, de la Foi. 
Je me souviens qu’en revenant de l’aiguille du Tour, nous avions essayé de négocier une descente en télésiège pour que vous soyez à l’heure à la messe à Grenoble ! 
Cela m’avait fait rire. Je ne vais pas souvent à la messe. Cela m’intriguait. 
J’arrive tellement mieux à Prier, à remercier lorsque je suis en montagne. 
On devait faire des soirées messe-crêpes dans votre super colloc’ le dimanche soir quand je passais par Grenoble. Il n’est plus. J’avais tant à apprendre encore de toi. 
J’aurai tant voulue partager encore avec toi cette Foi en haut des montagnes. Ton regard en disait long. 
Tu savais ce que tu faisais. Ton regard était tourné vers l’avenir. Tu as été coupé dans ton élan. 
Mais un élan, qui nous dépasse t’as emporté. 
Te voilà très loin et très proche. 
Tu fais maintenant partie de toute cette Beauté qui nous entoure.


Pierre, ton passage dans l’au-delà a réactivé ma Foi. 
Eclaire mon cœur, éclaire mon âme. Tous les jours tu es avec moi. 
Pierre, tu peux être sûr que mes ascensions vers les hauteurs seront avec toi.
Pierre donne-moi la force de chanter Dieu en ton nom au sommet. 
Donne-moi la force de Prier haut et fort ! 
Pierre, dans chaque fleurs, flocons, paillettes de neige et de granit, dans chaque magie des levés et couchés de soleil, dans chaque nuit étoilée, dans chaque feuille aux couleurs d’automne, dans chaque élément de cette merveille qu’est le Monde, je sais que tu seras présents.
Pierre, merci pour celui que tu es.


Pierre, Charles, vous avez été emporté par la Beauté de la création, ensevelis par la Force de la Nature. 
Potentiel guide de Haute Montagne, tu es maintenant guide des plus belles et des plus hautes montagnes qui soient, les montagnes de l’esprit et de la Foi. Merci Pierre, pour le guide spirituelle que tu deviens pour moi en passant dans l’au-delà.


Il n’y a pas de raison. Seigneur, entre tes mains je remets mon esprit. 
Seigneur aide-nous à croire que cette épreuve à un sens, aide-nous à accepter de ne pas le connaitre et à nous abandonner totalement dans tes bras. 
Seigneur, nous ne sommes pas responsables de cette épreuve mais de ce que nous en faisons. 
Aide-nous à être plus fort et confiant.


« Tout est grâce » disait la Petite Thérèse. « Il faut prendre tout en gré » répétait Jeanne d’Arc. 
Oui, tous les Saints ont eu l’audace de croire en ce mystère inouï de la Providence que Dieu exerce sur le déroulement de nos vies. 
Cette foi était la source de la sérénité qu’ils conservaient au milieu de leurs épreuves et de leurs combats.


Pierre, en mélangeant les lettres de ton prénom, nous trouvons Prière.


« attire-moi vers en haut, fais de moi un pèlerin de la montagne. »