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7-L'inhumation à Naves-Fontaine (Savoie)

Messe

présidée par le Cardinal Philippe Barbarin
 
Lectures
  • Livre d'Isaïe 25,6-10a.
  • Psaume : 2, 7bc-8, 10-11
  • Evangile selon Saint Matthieu 4, 12-17.23-25 
 

Homélie

par le père Charles LENOIR


Sur cette montagne, il fera disparaître le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples et le linceul qui couvre toutes les nations. Il fera disparaître la mort pour toujours.

Ce texte peut nous paraître complètement décalé. Quoi ! Nous pleurons la mort de deux jeunes tués par la montagne et nous proclamons en même temps : sur cette montagne, il fera disparaître la mort pour toujours. On pourrait se dire que nous sommes fous, en plein délire !

Pour essayer de comprendre, demandons-nous d’abord qu’elle est cette montagne dont parle le prophète, et puis aussi qui est désigné par ce pronom « il » : il fera disparaître la mort pour toujours.

Un autre passage de la parole de Dieu m’a paru très éclairant pour comprendre… pour essayer de comprendre… il s’agit d’un texte de saint Paul dans la première aux Corinthiens (1 et 2) :

Il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie [St Paul parle bien d’une folie] qu’est la proclamation de l’Évangile.
Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse,
nous, nous proclamons un Messie crucifié, (mort par conséquent) scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes
Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes…
Frères Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié…
Mais ce que nous proclamons, c’est ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé. 


Nous allons comprendre que cette montagne dont il s’agit n’est pas le massif du Mont Blanc, mais la montagne du Calvaire et que ce pronom « il » désigne le Christ-Jésus. Nous sommes invités à rejoindre Marie au pied de la Croix. Elle tient sur ses genoux le corps de son fils mort. A quoi pense-t-elle ? Marie comme toutes les filles d’Israël connaît l’Ecriture. Elle connaît ce texte : Sur cette montagne, il fera disparaître la mort pour toujours. Oui, sur la montagne du Calvaire, Jésus a vaincu la mort, mais c’est en passant par la mort. Il a fait de la mort un passage, une Pâque.
Marie tient le corps de son fils mort et elle unit sa souffrance à l’offrande de son fils. Son Fils a fait de sa mort un acte d’amour parfait. Une offrande totale. Il fait ainsi changer de signification à la mort. Elle était destruction de la vie, elle devient passage vers la vie. Et Marie s’unit à l’œuvre de son Fils, elle participe à la fécondité de son offrande. Elle devient corédemptrice. Aux yeux humains elle vit un désastre, un échec monumental, elle est la mère d’un mort. Mais en réalité elle devient la mère des vivants. De tous ceux qui recevront par son Fils la vraie vie.
 
En ce jour-là, le Seigneur de l'univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, 
un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés.


Je suis père de Foyer de Charité et je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec la vie de Marthe Robin dont l’Eglise vient de reconnaître l’héroïcité des vertus, nous la présentant ainsi comme un modèle de vie chrétienne. Elle aussi par son union à la passion de Jésus – une union qui est allé jusqu’à une participation physique -- a su donner à sa vie une fécondité extraordinaire.

Du drame de la Croix a jailli le salut du genre humain. 
Je suis persuadé que de ce drame que vous vivez, que nous vivons jaillira aussi de belles choses. 
De ces deux grains de blé jetés en terre va jaillir une moisson abondante.